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Chiffres de la R&D en France en 2018

Très récemment, les Systèmes d’Information et des Études Statistiques (SIES) du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a publié une note flash concernant les chiffres provisoires de la R&D en France en 2018. Je vous compile ici ces données et vous livre les conclusions de cette publication. Vous pouvez retrouver la publication originale sur le site du MESRI.

Les chiffres clés de la R&D en France en 2018

Tout au long de cet article, je parlerai de « DIRDE ». Cette acronyme signifiant « Dépenses Intérieures de Recherche et de Développement Expérimental » regroupe les dépenses de R&D déclarées par les entreprises implantées en France.

Le montant des DIRDE en 2018 s’élève à 33,9 milliards d’euros, soit un chiffre en hausse de 1,7% par rapport à 2017. Sur les années précédentes, les hausses enregistrées ont tendance à accélérer : +0,6% en 2015, +1,6% en 2016 et +1,7% en 2017 tout comme en 2018.

En revanche, si l’on ramène ces montants au PIB français, la tendance est à la stagnation malgré un PIB en hausse de 1,7% en 2018. L’effort engagé par les entreprises française dans les projets de R&D se situe à hauteur de 1,44% du PIB.

Le graphique suivant retrace l’évolution de cet effort sur les années précédentes.

La part de PIB lié aux projets R&D en France est donc en très nette stagnation et n’a pas évolué depuis 2012 où elle s’est stabilisée autour de 1,44 \(\pm\) 0,01 %.

Les chiffres de dépenses R&D par industrie

Les chiffres publiés par le SIES sont regroupés autour de trois grandes industries :

  • L’industrie manufacturière
  • L’industrie primaire, énergie et construction
  • Les services

Autrement dit, les chiffres sont articulés autour des secteurs primaires, secondaires et tertiaires.

L’industrie manufacturière

De manière globale, dans l’industrie manufacturière, les dépenses de R&D ont augmenté : 23,8 milliards d’euros en 2018 soit une augmentation de 0,9% par rapport aux chiffres de 2017.

Le plus fort recul des dépenses de R&D est accusé par l’industrie des équipements de communication avec une baisse de 6,5% par rapport à 2017. La plus forte progression est elle enregistrée par l’industrie automobile avec une hausse de 6,7% et des dépenses à hauteur de 4,5 milliards d’euros.

L’industrie primaire, l’énergie et la construction

Peu de détails sont donnés concernant ces secteurs, si ce n’est qu’ils accusent un recul de 5,4% par rapport à 2017 avec un montant total des dépenses de 1,4 milliard d’euros.

L’industrie des services

Enfin, le troisième secteur est celui des services qui dépense 8,6 milliards d’euros en R&D en 2018 soit un bond de 5,2% par rapport à l’année précédente.

Malgré cette progression, on remarque que le secteur est très nettement tiré vers le haut par l’informatique et les activités scientifiques, alors que les dépenses s’écroulent notamment dans le secteur des télécommunications avec un recul de 4,8%.

Cette tendance à la hausse dans les secteurs de l’informatique et des activités scientifiques se répercute aussi sur la part des dépenses de R&D qui leur est imputé.

Effectifs de R&D par industrie

Les chiffres publiés par le SIES comprennent également les effectifs affectés aux opérations de R&D en équivalent temps-plein (ETP) et sont donnés pour les mêmes secteurs industriels.

L’industrie manufacturière

De très loin, c’est ce secteur qui mobilise le plus d’effectifs pour la R&D en ETP, avec 176 300 ETP, soit une hausse de 2,1% par rapport à 2017.

Sans surprise, les secteurs ayant la plus forte hausse des effectifs sont les mêmes que les secteurs ayant augmenté leurs dépenses en 2018. L’inverse n’est cependant pas forcément vrai, puisque le secteur de la construction aéronautique et spatiale a vu ses effectifs baisser alors que les dépenses sont en hausse de 0,7%.

Avec 32 200 emplois ETP en R&D, l’industrie automobile présente les plus forts effectifs, suivi par la construction aéronautique et spatiale avec 21 100 ETP. Ainsi, malgré des dépenses qui évoluent peu pour ce dernier secteur, la part d’effectifs qu’il représente reste tout de même importante.

L’industrie primaire, l’énergie et la construction

Comme pour les chiffres des dépenses, peu de détails sont donnés sur ce secteur. On sait seulement qu’avec des effectifs de R&D de 9 200 ETP, il s’agit d’un recul de 2,6% par rapport à 2017.

L’industrie des services

Il s’agit du deuxième plus gros secteur avec 89 500 effectifs ETP pour la R&D. Cela propulse le secteur des services comme étant celui avec la plus forte évolution, en affichant 8% d’ETP de plus que l’année précédente.

De manière générale, les effectifs R&D dans l’industrie de service ont fortement évolué, sauf pour le secteur des télécommunications qui subit un fort recul de 5,5%.

Très clairement, deux secteurs se partagent les trois quarts des effectifs R&D du secteur de l’industrie avec 293 000 ETP pour les activités informatiques et 334 000 pour les activités spécialisées scientifiques.

Répartition des effectifs de R&D sur le territoire

Parmi les nombreuses données qui sont fournies par le SIES se trouve la répartition géographique des effectifs de R&D sur le territoire français. Ces données sont en ETP, et la Corse est groupée avec la région Paca pour des raisons de secret statistique. De même, les effectifs dans les DOM-TOM sont groupés.

Sans grande surprise, c’est l’Île-de-france qui cumule le plus d’emplois ETP pour les effectifs R&D avec 111 820 ETP. La seconde région générant le plus d’emplois ETP est Auvergne-Rhône-Alpes avec 41 216, soit moins de la moitié de ce que génère d’île-de-france.

Ces deux régions sont les deux pôles avec le plus d’emplois ETP sur 2018 dans l’effectif R&D global en France.

L’île-de-france a le plus haut ratio chercheur / personnel de soutien avec 76% de chercheurs qui représentent 84 942 emplois ETP.

Répartitions des dépenses de R&D sur le territoire

Les chiffres de dépenses internes de R&D sur l’année 2018 peuvent également être analysés par région, pour déterminer les pôles de R&D les plus importants en France.

L’Île-de-france totalise les dépenses de R&D les plus importantes avec 14,17 milliards d’euros. Elle forme, avec Auvergne-Rhône-Alpes (5,00 milliards d’euros) et l’Occitanie (3,74 milliards d’euros) les trois régions moteurs des dépenses internes de R&D en France.

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